Invités
L'invité d'AF est le banquier béninois Lionel Zinsou

lionel zinsouLionel Zinsou est Président de PAI Partners, société de capital - investissement, depuis 2009. Auparavant, il a été, de 1997 à 2008, Associé-Gérant de la banque d'affaires Rothschild et Cie. A ce titre, il a créé et dirigé le groupe sectoriel des biens de consommation ainsi que la région Afrique-Moyen Orient.

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INVITE: El-Hadji Abdou Sakho, Commissaire de l’UEMOA chargé des politiques économiques et de la fiscalité intérieure

abdou sakhoL'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a entrepris depuis quelques années une réforme du cadre harmonisé de gestion des finances publiques au niveau des Etats membres afin d'adapter les politiques budgétaires aux nouvelles exigences économiques et fiscales. De passage au Bénin, dans la cadre de la vulgarisation du nouveau cadre harmonisé, El-Hadji Abdou Sakho, commissaire de l'UEMOA chargé du département des politiques économiques et de la fiscalité intérieure a bien voulu nous entretenir sur les enjeux des nouvelles directives de l'Union et les changements qu'elles vont induire au niveau de la gestion des finances publiques des Etats membres y compris le Bénin.

 

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Me Cedric Fischer est l'invité d'Afrique Finance: L’affaire du port de Conakry devant la justice française

me cedric fischerLa bataille du port de Conakry qui oppose le groupe Getma à l'armateur Bolloré se joue dans les coulisses de la justice française. Pour en savoir plus, Les Afriques lève un coin du voile. Cédric Fischer et Pierre-Olivier Sur, avocats de Getma, font le point.

 

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Le Togo veut un nouvel aéroport à 150 millions de dollars

ninsao togoL'aéroport international Gnassingbé Eyadema de Lomé est démodé ; il a surtout des difficultés à gérer un trafic en constante expansion.
Depuis des années, le gouvernement caresse le projet de réaménager et d'étendre la plate forme. Cette fois, les choses sont en bonne voie ; le président Faure Gnassingbé l'a d'ailleurs confirmé lors de ses vœux à la Nation. Et le ministre des Transports, Ninsao Gnofam (photo), lui emboîte le pas dans un entretien à Afrique Finances.

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Éthique et finance en Islam; Isabelle Chapellière est l'invitée de la Rédaction d'Afrique Finance

isabelle chapelliereLe livre Éthique et finance en Islam d'Isabelle Chapellière (Ed. Koutoubia) est un ouvrage complet qui permet de mieux comprendre les enjeux économiques et politiques de la finance islamique. Dans cet entretien à Oumma.com et Afriquefinance.info, Isabelle Chapellière, revient notamment sur l'origine historique de cette finance, ses grands principes et l'intérêt qu'elle suscite auprès des gouvernements européens, notament en France.

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Jean-noel Tronc, PDG de Canal + Overseas

troncjnEn forte progression depuis deux ans sur le marché africain, Canal+ Afrique a mis en place une stratégie ambitieuse pour y asseoir sa position de leader de la télévision payante francophone et gagner de nouveaux marchés. Mais la concurrence, dans le secteur très porteur de la pay TV, est de plus en plus féroce.

 

Pour Jean-Noël Tronc, PDG de Canal+ Overseas, filiale du groupe Canal+ en charge de l'international et de l'Outre-mer français, l'accroissement du nombre d'abonnés au bouquet proposé aux téléspectateurs africains passe par la démocratisation de l'offre, la simplification des procédures d'abonnement et des programmes africains plus nombreux. Une politique qui n'est pas sans rencontrer quelques obstacles. Entretien avec le site afrik.com

Afrik.com : Depuis le 1er juillet, vous avez changé de nom. Vous ne vous appelez plus Canal Horizons mais Canal+ Afrique. Peut-on vous définir comme une chaîne africaine ou une chaîne française à destination des Africains ? 
Jean-Noël Tronc :
Canal + Afrique est le nouveau nom de la société, qui remplace Canal Overseas Africa. Il permet de mieux mettre en avant notre marque Premium, celle qui est la plus connue et appréciée partout, sur le terrain, en Afrique. « Canal Horizons » renvoie au nom de la chaîne de télévision Canal +, dans sa version diffusée en Afrique, qui est quasi identique de la version de Canal + diffusée en France, avec néanmoins plus de sport, de cinéma, de séries et des émissions d'Afrique. N'oubliez pas, en outre, que Canal + Afrique diffuse un bouquet de plus de 75 chaînes de télévision majoritairement en français, dont 16 chaînes nationales africaines, publiques et privées, sur tout le continent. Dans ce bouquet, Canal + est une chaîne parmi d'autres, et son identité est, de plus en plus, panafricaine.

Afrik.com : Comment vous situez-vous sur le marché africain ? Une brève dans la presse (L'Express) citait récemment le chiffre de 400 000 abonnés. 
Jean-Noël Tronc :
Nous connaissons en effet une forte croissante sur l'ensemble du marché francophone []. Mais nous nous développons dans un environnement extrêmement concurrentiel, face à des opérateurs de télévision payante nationaux, du câble, du MMDS (numérique sans fil), ou des nouveaux bouquets de TNT payante (numérique terrestre). Dans beaucoup de marchés, notre part de marché en télévision payante est très minoritaire. Au Cameroun, par exemple, on compte plus d'une centaine de câblo-opérateurs, soit plusieurs centaines de milliers de foyers abonnés, contre une trentaine de milliers de clients pour notre bouquet satellitaire. Au Sénégal, le 1er opérateur MMDS revendique deux fois plus d'abonnés que nous. Nous sommes le seul opérateur satellitaire francophone continental. Le fait que certains de nos concurrents ne respectent pas les règles, en particulier en matière de propriété intellectuelle, en diffusant des programmes sans en avoir payé les droits, crée, en outre, une situation de concurrence déloyale dont nous sommes victimes.

Afrik.com : Il y a d'autres bouquets disponibles sur le continent par satellite. Comment se situe Canal+ Afrique par rapport à Multichoice, par exemple ? 
Jean-Noël Tronc :
Multichoice émet à destination des foyers d'Afrique anglophone et lusophone. Il n'est donc pas présent sur les mêmes zones géographique et économique que nous. Il n'est pas un concurrent direct, sauf au Cameroun où existe un vrai bilinguisme.

Afrik.com : Pour progresser, quelle stratégie commerciale développez-vous en Afrique ? 
Jean-Noël Tronc :
La stratégie que nous avons mis en place depuis trois ans tient en trois grands axes. D'abord, la démocratisation de l'offre. Depuis deux ans, les prix de nos abonnements ont baissé. Ils commençaient autour de 20 euros par mois ; nos offres d'accès, lancées fin 2008, sont à 5900 CFA, soit environ 7,5€. De même, le prix d'équipement des décodeurs et des paraboles a baissé d'un tiers. Le deuxième axe est la simplification commerciale. Avant, nos offres supposaient que nos clients s'engagent sur une longue durée, sur douze mois par exemple. Nous avons lancé des offres mensuelles et de plus en plus de clients paient au mois le mois. D'autre part, le prélèvement bancaire et le cash étaient les seuls moyens de paiement. Nous avons mis en place des cartes de recharges pour renouveler son abonnement par simple envoi d'un SMS, sans plus avoir à se déplacer en boutique. Notre modèle se rapproche ainsi de celui mis en place par les opérateurs de téléphonie mobile. Enfin, troisième axe, nous avons fortement développé la proximité de nos programmes. Avec 16 chaînes africaines, et de plus en plus de programmes africains sur la chaîne Canal +, nous avons la volonté de fournir une offre de plus en plus proche de notre public. Les téléspectateurs africains veulent des contenus internationaux, mais aussi africains. Nous leur offrons ainsi la possibilité de recevoir les grandes chaînes nationales partout sur le continent. A ce titre, Canal + Afrique est le premier diffuseur audiovisuel africain par satellite.

Afrik.com : Sur le plan éditorial, comment comptez-vous mieux satisfaire les téléspectateurs africains ? 
Jean-Noël Tronc :
En Afrique, Canal+ diffuse le meilleur des programmes français et des programmes qui ne sont disponibles que sur Canal+ Afrique. Sur l'évolution éditoriale, nos maîtres mots sont qualité et proximité. Nous diffusons le meilleur du sport. Le football anglais en plus des autres ligues européennes, la Coupe d'Afrique des Nations... Nous développons aussi des programmes africains. Nous sommes coproducteur des principaux films africains et de plus en plus d'émissions. La diffusion, cette année, de la série sud-africaine Jacob's cross a été un succès considérable.

Afrik.com : Comment contribuez-vous à la production de films et d'émissions africains ? 
Jean-Noël Tronc :
La production de films sur le continent est limitée. En 2010, nous sommes coproducteur de films très différentes : Nyama au Burkina Faso, Trottoir Dakar au Sénégal, L'enfant des rêves au Cameroun... Une équipe éditoriale fait la sélection des projets, le travail classique de toutes les chaînes. Sur les émissions, par contre, c'est différent. Nous avons par exemple en préparation + D'AFRIQUE, pour début novembre, une émission hebdomadaire, inspirée du modèle du Grand journal de Canal + en France, une émission de divertissement sur l'actualité culture, business, média, etc. en Afrique, avec du live musical sur le plateau et de nombreux reportages tournés en Afrique. Avec la nouvelle émission + D'AFRIQUE, nous avons vraiment l'ambition de marquer une étape dans l'évolution du paysage audiovisuel en Afrique. Elle sera animée par une équipe de 1er ordre [], réunie autour deRobert Brazza.

Afrik.com : Etes-vous optimiste quant à vos capacités de croissance sur le marché africain ? 
Jean-Noël Tronc :
Le marché de la télévision payante en Afrique a un très fort potentiel de croissance, et il est, logiquement, de plus en plus concurrentiel. Nous devons donc nous développer rapidement, en renforçant notre présence commerciale sur le terrain, ce que nous faisons notamment par l'ouverture de nouvelles filiales, pour être plus près de nos clients, et mieux seconder nos distributeurs. De même, les nouveaux moyens de paiement sont clef. Nous testons au Sénégal le paiement direct par mobile, sans passer par la carte de recharge, carte que nous avons généralisée en 2010 à l'ensemble de nos marchés en Afrique. Le taux d'équipement en téléviseurs des foyers africains est très variable selon les pays, mais en forte croissante partout, tout comme la durée de consommation et l'envie de programmes nouveaux. Le nombre de chaînes, et de programmes, africains, explose littéralement. Tout cela tire le marché, et nous sommes confiants dans notre capacité à être porté par cette croissance. Mais le renforcement du cadre légal pour lutter contre le piratage est un élément important, nécessaire pour nous, mais aussi, plus largement, pour tout le secteur audiovisuel en Afrique. L'un des enjeux, pour nous, acteurs francophones africains dans l'audiovisuel, c'est que de plus en plus de programmes de qualité ne viennent pas seulement de l'Afrique anglophone, qu'il s'agisse du Nigéria ou d'Afrique du Sud. C'est pour cela, aussi, qu'un cadre légal plus clair et des actions concrètes contre le piratage sont importants.

Afrik.com : Vous nous avez dressé un tableau assez positif de vos résultat et perspectives de croissance en Afrique subsaharienne. En est-il de même pour le Maghreb ? 
Jean-Noël Tronc :
Au Maghreb, la situation est très différente, le piratage ne cessant de se développer, y compris par des formes techniques nouvelles. Nous fournissons des chaînes aux opérateurs télécoms, qui veulent offrir des bouquets de télévision payante distribués par l'internet, en particulier à Maroc Télécom. Mais la possibilité de développer une offre payante par le satellite reste clairement une interrogation.

Afrik.com : Vous êtes aussi présent dans l'Outre-mer français où vous proposez vos bouquets par satellite. Cependant, Canal+ sera absent de l'offre TNT (télévision numérique terrestre) qui sera bientôt disponible. Pourquoi ? 
Jean-Noël Tronc :
Pour la TNT terrestre, le CSA a souhaité privilégier des chaînes publiques et locales. Il y aura donc des chaînes de France Télévision, France 24, Arte et deux chaînes locales. Mais l'une des différences entre France métropolitaine et Outremer, c'est que le satellite constitue le moyen d'accès privilégié à la télévision numérique dans l'Outremer, pour 50 à 60 % des foyers au moins. Nous offrirons donc à tous nos clients toutes les chaînes de la TNT terrestre et allons enrichir TNTSAT, le bouquet gratuit lancé il y a deux ans, avec ces chaînes, à travers une offre baptisée « TNT+ », qui inclura, en plus des chaînes de la TNT terrestre, les chaînes parlementaires, TV5 Monde, Canal+ en clair et I-Télé. Du coup, Canal + sera, de fait, présent dans une offre de « TNT », au sens de la télévision numérique gratuite pour tous !

[] Canal+ Afrique n'a pas souhaité communiquer sur le nombre de ses abonnés.

[] Autour de l'animateur Robert Brazza, l'on retrouvera les journalistes Emma Adiei et Maryse Ewanjé-Epée, l'humoriste Mamane et le musicien Bibi Ntanga


 

 
Jacques Diouf: « L’agriculture a besoin de 44 milliards de dollars d’aide au développement »

Jacques Diouf, directeur de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), est en première ligne dans la lutte contre la faim. Son organisation tente de rassembler les moyens nécessaires pour endiguer un fléau qui touche encore près d’un milliard de personnes, principalement dans les pays du tiers-monde. Rencontré à Rome le 15 octobre dernier, à la veille de la commémoration de la journée mondiale de l’alimentation, il revient sur les besoins de financement en matière d’éradication de la faim, notamment en Afrique.

jacques diouf

A l’occasion de la journée mondiale de l’alimentation qui s’est déroulée à Rome, la capitale italienne, samedi 16 octobre dernier sous le thème "Tous unis contre la faim", plusieurs personnalités du monde entier, dont le pape Benoît XVI ont appelé la communauté internationale à œuvrer contre la faim, qui bien que légèrement en baisse par rapport au cap du milliard d’individus affamés atteint l’année dernière, touche encore 925 millions de personnes dans le monde. Engagé dans une croisade contre la faim dans le monde, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a nommé quatre nouveaux ambassadeurs de bonne volonté, l’acteur italien Raoul Bova, la chanteuse canadienne Céline Dion, l’interprète philippine Lea Salonga et l’actrice américaine Susan Sarandon. Ils mettront leur talent et leur renommée au service de la cause mondiale. De son côté, le Comité de la sécurité alimentaire (CSA) mondiale, qui sert de tribune au sein du système des Nations Unies pour l’examen et le suivi des politiques en matière de sécurité alimentaire mondiale, a entamé sa réforme pour être plus efficace. Directeur général de la FAO, le Sénégalais Jacques Diouf explique les efforts effectués dans le monde pour réduire le nombre de victimes de la faim qui sont en majorité dans le tiers-monde.

 

 

Afrik.com : La plupart des Etats touchés par la faim se trouvent en Afrique. Que sont devenus les engagements pris en juillet 2003 à Maputo par les pays du continent pour améliorer leur alimentation ? 
Jacques Diouf :
Les pays africains ont pris à cette occasion plusieurs engagements. Le premier c’est d’approuver le programme détaillé agricole qui a été préparé avec le concours de la FAO en relation avec différents ministères de l’Agriculture et de l’Economie. Sur ce plan, Maputo a permis d’avoir un document pour le développement de l’agriculture et pour assurer la sécurité alimentaire du continent. La deuxième décision était de donner la priorité, d’une part, à l’investissement en matière de maitrise de l’eau. Nous n’avons que 7% des terres arables irriguées en Afrique et seulement 4% en Afrique subsaharienne, contre 38% en Asie. Il a aussi été décidé de développer les systèmes de stockage, d’aménager les routes rurales, les ports de pêche, les systèmes de congélation et les systèmes abattage. Toute cette infrastructure doit être prioritaire. L’autre élément important c’est la décision d’augmenter la part du budget des différents pays consacrée à l’agriculture, qui était en moyenne de 5%, pour parvenir à 10% en moyenne en l’espace de trois ans. Aujourd’hui, il n’y a que six à sept pays qui ont pu atteindre cet objectif. Il est incontestable, en dépit de quelques bons exemples, qu’il n’y a pas eu la volonté politique suffisante pour donner des ressources à la partie de la population qui essentiellement vit en milieu rural et dont les moyens d’existence dépendent de l’activité agricole. Près de 70% des pauvres sont en milieu rural. Toutefois et fort heureusement, il y a des États qui ont écouté nos conseils et qui ont changé leur situation. Nous avons des pays qui ont déjà dépassé les objectifs du millénaire et qui sont passés de situation d’importateurs et de gros consommateurs d’aide alimentaire à celui d’exportateurs.

Afrik.com : Le G20 a également promis de débloquer 22 milliards de dollars pour financer la lutte contre la faim. Qu’en est-il aujourd’hui ? 
Jacques Diouf :
La réunion du G8 de l’Aquila en Italie l’année dernière a pris une décision qui me semble particulièrement importante. A savoir que nous ne pourrons régler la question de la sécurité alimentaire dans le monde que si nous aidons les petits agriculteurs des pays, où les gens ont faim, à accroître leur productivité et la production. Ça semble être du bon sens. Le deuxième élément qui devait suivre, c’était la mobilisation des ressources. Vous savez qu’entre 1980 et 2003, la part de l’aide publique au développement qui allait à l’agriculture est passée de 19% à 3%. Aujourd’hui, nous sommes aux alentours de 5-6%. A l’Aquila, le fait de prendre la décision de mobiliser sur trois ans - 2009, 2010 et 2011 - vingt milliards de dollars, qu’on a augmenté jusqu’à 22 milliards à l’occasion de la réunion du G20 à Pittsburg, va dans la bonne direction. Encore faut-il préciser que les besoins d’aide au développement pour l’agriculture s’élèvent à 44 milliards de dollars. Qu’est-ce qui a été fait dans l’application de cette décision ? D’abord et pour la première fois, on sait qui va payer quoi pour atteindre les 22 milliards. Auparavant, les contributions pays par pays n’étaient pas précisées. Dans la nouvelle démarche, nous savons également quels seront les nouveaux fonds engagés par rapport à ceux habituellement engagés. Deuxième initiative positive : la décision du secrétaire au Trésor américain, pour la première fois également, de convoquer une réunion pour mettre en place un fonds et mobiliser les ressources en relation avec les différents partenaires. Cela a permis d’avoir à peu près 350 à 400 millions de dollars. Nous avons nous-mêmes mobilisé 10 millions de dollars supplémentaires. Cette action a permis à certains pays d’avoir des projets bien ficelés et prêts à être financés qui ont été présentés, de sorte que chaque pays a eu environ 50 millions de dollars. Il s’agit notamment du Bangladesh, d’Haïti et, en Afrique, de la Sierra Leone, du Togo et du Rwanda. Vingt-et-un pays ont pu ainsi présenté des dossiers par les organisations sous-régionales auxquelles ils appartiennent. C’est notamment le cas pour l’Afrique de l’Ouest. D’ici la fin de l’année, nous auront aidé plus de cent pays à avoir des projets prêts à être financés.

Afrik.com : Qu’attendez-vous de la réforme du Comité de la sécurité alimentaire (CSA) mondiale ? 
Jacques Diouf :
L’impact le plus important, c’est d’avoir pu rassembler toutes les parties prenantes en créant un cadre unique permettant des débats à la fois sur les questions techniques, économiques et sociales, les questions de prix et de marché. On a dans ce sens constaté une très grande représentation des délégations. C’est la première fois que nous avons eu autant de ministres, de secrétaires généraux et de directeurs. Le CSA, jusqu’à présent, était essentiellement structurel et gouvernemental. Avec la réforme, la société civile, des ONG, des organisations professionnelles agricoles participent désormais à ses travaux. Au sein du système des Nations unies, il y a également eu la participation du Fonds international de développement agricole (FIDA, ndlr) et du Programme alimentaire mondial (PAM, ndlr). Donc nous avons un cadre assez large nous permettant d’avoir toutes les parties concernées dans le processus de décision. Par ailleurs, nous avons maintenant un comité d’experts qui va examiner tous les dossiers sur le plan technique avant les discussions. Cela dit, les discussions de fond ont visé essentiellement à assurer une meilleure information. Car si on n’a pas une information appropriée sur l’offre et la demande, on ne peut pas avoir des prévisions fiables sur les rapports de force entre les deux. Nous avons enfin encouragé les États membres à éviter de prendre des mesures restrictives au commerce. Lorsqu’un État constate des hausses de prix au plan interne, il cherche à limiter ses exportations, ce qui provoque des demandes supplémentaires venant de l’extérieur. Cependant, nous pensons que dans un cadre de solidarité internationale, des mesures peuvent être préparées par des actions de communication et d’information pour ne pas provoquer de panique.

 

 
Patrick UTOMI: '' Les problèmes de gouvernance plombent le décollage du Nigéria''

patrick utomi

 

Le Nigeria fête ce 1er octobre les 50 ans de son indépendance à l'égard de la Grande Bretagne. Patrick Utomi, professeur d’économie politique à laLagos Business School dresse un bilan. Candidat à l’élection présidentielle de 2007 sous la bannière de l’African Democratic Party (ADC), il est aussi le président du SDMP (Social Democratic Mega Party). En dépit de tous les problèmes ethnique, religieux et de développement, il estime que le Nigeria est «à certains égards une success story». Il répond aux questions de la correspondante de RFI à Lagos.

 

RFI : Dans quelle situation se trouvait le Nigeria en 1960 ?
Patrick Utomi
: C’était surtout une économie axée sur l’agriculture. L’époque coloniale a vu l’éclosion des plantations, noix de coco au sud-ouest, huile de palme au sud-est, coton au nord et arachide. Mais cela s’est vite ralenti parce que le nouveau gouvernement nigérian était soucieux d’industrialiser le pays, ce que n’avaient pas du tout fait les colons. En 1960, il y avait tout au plus deux ou trois entreprises de transformation dans le pays, des brasseries, des fabricants de moto etc... Les autorités ont alors commencé à industrialiser les villes, Ikeja, Lagos, Port-Harcourt, Kano, Kaduna et des entreprises ont progressivement émergées.

RFI : Le Nigeria était donc un pays très prometteur …
P.U
: Oh oui ! Extrêmement prometteur ! Je crois que les projections de l’époque rangeaient l’Inde, le Brésil et le Nigeria au rang des grandes puissances émergentes. Beaucoup de ces pays très peuplés ont décollé économiquement, malheureusement le Nigeria demeure un pays à fort potentiel, mais on a des problèmes de gouvernance. Imaginez, au début des années 1980 le secteur secondaire représentait 30% du PIB, mais la tendance s’est dramatiquement inversée et on est entré dans un processus de désindustrialisation. Le secteur représente moins de 3% du PIB. L’agriculture aussi a souffert. Et c’est aujourd’hui le  [pétrole. NDLR] brut qui domine et rapporte 90% des devises.

RFI : Les Nigérians dénoncent les récurrentes coupures d’électricité faute de production suffisante, le mauvais état des routes, la corruption des dirigeants, à quoi imputez-vous ces échecs ?
P.U :
Il y a deux choses. D’une part, les régimes militaires et d’autres part le pétrole. Bien sûr, la découverte du pétrole en 1956 a été une chance qui, dans l’absolu, peut conduire au développement. Mais si vous n’avez pas les dirigeants adéquats, vous obtenez ce que les économistes appellent «l’effet loterie». Or, les militaires sont arrivés au pouvoir, au moment même ou le pétrole devenait un enjeu important. Ce qui a causé beaucoup de dégâts en termes de développement. Le pouvoir était alors concentré entre les mains d’une petite élite qui se pensait seule capable de résoudre les problèmes. La corruption s’est généralisée avec le boom pétrolier des années 70. Et surtout, les régimes militaires ont instauré une tradition de l’homme fort alors que ce dont nous avons besoin ce sont des institutions fortes.

RFI : Justement, la corruption gangrène encore aujourd’hui la classe politique, c’est selon-vous le grand défi que le Nigeria doit relever dans les années à venir ?
P.U
: Je ne le dirais pas comme ça. Le grand défi, c’est celui du citoyen responsable. On parle toujours de nos mauvais dirigeants. Oui, nous avons de mauvais dirigeants mais si on a des citoyens responsables, on n'aura plus de politiciens corrompus. On doit se regarder en face. Les entrepreneurs, les intellectuels, les Nigérians diplômés ne croient pas dans le rôle qu’ils peuvent jouer. Ils pensent encore qu’il suffit de profiter du système, de se faire de l’argent et jouir de son confort. Je crois pourtant que si on veut faire des progrès, on doit arrêter de se terrer dans son salon pour s’investir, stopper les charlatans et les empêcher de prendre les décisions à notre place. Vous savez dans la plupart des régions du Nigeria, les décisionnaires, les grands politiciens sont des criminels, ils devraient être en prison. La majorité des intellectuels a déserté l’arène politique. Qui a pris leur place ? Des criminels. On parle de démocratie depuis 1999, mais il y a encore beaucoup de Nigérians qui ne croient pas dans le suffrage universel, qui pensent qu’il s’agit d’une simple formalité pour obtenir le pouvoir. Des politiques qui sont de purs produits des militaires continuent à penser comme eux, même dans l’entourage du président Goodluck Jonathan.

 

RFI : Comment voyez-vous l’avenir du Nigeria?
P.U :
En regardant à quel point le pays était divisé, que ce soit en termes religieux, ethnique ou de conception politique, ça aurait pu être bien pire. Il faut être honnête, le Nigeria n’a pas si mal réussi. Je dirais même que c’est à certains égards une «success story». Ce qui a fait tenir le pays, c’est certes négatif, mais c’est un moyen comme un autre de rester uni : c’est l’économie de rente. Malgré tous les problèmes ethniques et religieux, quand il s’agit de partager la gâteau du pétrole, l’élite est très pragmatique, elle connaît les limites à ne pas franchir pour continuer à servir ses intérêts personnels. Et j’ose croire que le Nigeria est à une période charnière. Il y a un entrepreunarial très fort. Les forces sont telles que vous ne pouvez pas imaginer une majorité laisser indéfiniment des gens peu sérieux prendre des décisions à sa place. L’économie croit de 7,5% par an. On le prend pour acquis mais c’est phénoménal. Au-delà des richesses, le Nigeria a l’avantage d’avoir une élite formée. Et une diaspora dans le monde entier à qui le boom de la consommation au Nigeria doit beaucoup. Notre économie pourrait croître de 16 ou 17% assez facilement, si on faisait quelques efforts…
Source: Rfi.fr
 
Ahmed LAHLIMI: ''Le Maroc sera au rendez-vous de 2015''

ahmed lahlimi

Ahmed Lahlimi, haut-commissaire au Plan, est catégorique: à l’échéance de 2015, le Maroc aura réalisé plusieurs objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), à l’exception de quelques indicateurs du domaine de la santé. L’ancien ministre est en charge de la coordination pour l’élaboration des rapports sur les OMD. A ce titre, il est à New York pour faire un exposé sur l’expérience marocaine dans le domaine.



- L’Economiste: Qu’est-ce que vous attendez du Sommet des chefs d’Etat consacré aux Objectifs du Millénaire qui se tient du 20 au 22 septembre à New York?

Ahmed Lahlimi: A l’invitation du Secrétaire général des Nations unies, cette réunion de haut niveau est destinée à faire le point des réalisations des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et évaluer les acquis enregistrés et les obstacles rencontrés par les politiques nationales et la coopération internationale à la lumière de leurs engagements antérieurs d’atteindre la totalité de ces objectifs en 2015. Ce bilan d’étape sera sûrement l’occasion d’interpeller les pays riches, en particulier sur l’aide qu’ils se sont engagés à apporter, en appui aux politiques de développement et dont le niveau actuel, s’il n’est pas substantiellement relevé, constituerait, selon nos propres analyses au HCP, l’un des freins importants à la réalisation des OMD. 

- Qu’en est-il des réalisations du Maroc en matière des OMD et serons-nous prêts au rendez-vous de 2015?

- Le rapport de 2009 montre que le Maroc a fait des progrès substantiels dans ce domaine. Il a déjà réalisé l’objectif relatif à la réduction de la pauvreté, par exemple, au plan de l’accès des populations à l’eau, à l’électricité et au logement, avec des taux exceptionnellement élevés. Les indicateurs portant sur l’éducation, la santé et le développement durable sont aujourd’hui en nette progression. Le Maroc devrait, à l’horizon convenu, réaliser l’ensemble des objectifs à l’exclusion, peut-être, de quelques-uns relevant du domaine de la santé.

-Pourquoi les classements internationaux du Maroc suscitent tant de polémiques alors qu’ils peuvent être l’occasion pour les pouvoirs publics de redoubler d’efforts en vue d’améliorer la situation?

- Les classements internationaux n’ont pas nécessairement une grande signification cognitive ni une pertinence éthique avérée. Comment comparer la Norvège et le Mali, Qatar et le Niger, comme c’est le cas dans le classement opéré par le Pnud par exemple. Même au niveau d’un même pays, nous pouvons relever des aberrations. Le cas du Maroc l’illustre bien. Il est dixième dans le classement, en termes de progrès réalisés dans le domaine, sur la base de l’IDH, alors qu’il reste presque figé au même rang depuis plusieurs années. Du reste, les statistiques à la base de ces classements ne sont pas disponibles dans tous les pays. Il ressort des rapports du Pnud lui-même que celui-ci procède, dans le cas de plusieurs pays, par de simples estimations. Rappelons que seuls 64 pays disposent d’un système statistique qui adhère à la Norme spéciale de diffusion des données du FMI, dont trois pays en Afrique et le Maroc en fait partie. Notre système statistique national constitue la référence pour toutes les institutions des Nations unies, y compris le Pnud. Il offre une plateforme informationnelle pertinente, pour nous et nos partenaires internationaux. Il faut bien convenir que la mode des classements des pays est souvent beaucoup plus valorisée par les médias et les polémiques qu’ils entretiennent sans accorder suffisamment d’importance à la fiabilité des fondements conceptuels et méthodologiques des données qui leur servent de base. 

- Vous proposez de classer les pays selon le niveau de performance de leur système statistique. Quelles sont les étapes entreprises dans ce sens?

- Ce serait plus pertinent. Certes, c’est un exercice difficile et hasardeux à entreprendre. Il me semble, du reste, que peu d’institutions et de pays concernés seraient disposés à accepter de le faire.

- Comment comparez-vous l’IDH aux OMD?

- L’IDH, tel qu’il est composé, s’avère inapproprié pour une évaluation des niveaux de performance du développement humain. C’est un avis partagé, aujourd’hui, par beaucoup d’experts dont ceux de la Commission de la statistique des Nations unies, l’instance internationale compétente dans ce domaine, et du Pnud lui-même. En revanche, les Objectifs du Millénaire pour le Développement donnent lieu à des analyses plus riches et plus ciblées. Ils offrent aussi un cadre favorable à l’évaluation des politiques publiques mises en œuvre pour les atteindre. 
Le rapport national sur l’état d’avancement des OMD en 2009 a donné lieu à des débats fructueux et a suscité un intérêt grandissant dans plusieurs secteurs de l’opinion publique. Il constitue un cadre plus productif en termes de sensibilisation des citoyens aux multiples enjeux du développement humain.



Les limites de l’IDH


«Les composantes de l’IDH ne renseignent que partiellement sur les niveaux de développement humain d’un pays, limitées qu’elles sont aux seules dimensions du contestable PIB par habitant, de l’espérance de vie, des problématiques taux de scolarisation et d’alphabétisation dans les pays», souligne Ahmed Lahlimi. Selon lui, beaucoup de dimensions qui rendent mieux compte des conditions de vie des populations restent écartées du champ de cet indicateur composite. Il s’agit de celles relevant, notamment, des conditions d’habitat des ménages, de l’emploi, de la pauvreté, des inégalités, du genre ou encore des dimensions relatives aux libertés politiques et à la participation démocratique. Pour lui, «les composantes de l’IDH sont de nature structurelle de tendance lourde, qui portent en elles le poids du passé et l’ampleur des passifs historiques. Ce qui rend cet indice peu sensible aux progrès réalisés à court terme par les pays. D’où l’inertie qui caractérise cet indicateur et prive sa publication annuellement de l’intérêt qu’il pourrait avoir autrement».



L’INDH dans la même direction


«L’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) a été l’expression forte de la volonté royale de faire du développement humain à la fois une finalité et un facteur dynamisant du nouveau profil de croissance», souligne Ahmed Lahlimi.
«Revêtant comme on le sait la dimension d’un véritable chantier de règne, elle a été de par sa démarche conceptuelle, ses modalités participatives de mise en œuvre et ses méthodes plurielles d’évaluation, conçue par le Souverain comme un cadre spécifique de promotion du progrès social, et en l’occurrence, de réalisation des Objectifs du Millénaire», ajoute-t-il. Pour lui, les actions programmées dans ce cadre, en conformité avec sa finalité, visent l’amélioration des conditions de vie de la population par le développement des infrastructures sociales et l’incitation, au niveau des unités géographiques de base, à la création de petits projets générateurs de revenus au profit notamment des jeunes et des femmes. 

Propos recueillis par 
Mohamed CHAOUI

L'Économiste

 

Crash silencieux sur la place de financière d'Abidjan

 

oumar deme cgf bourse

 

Année maussade pour la Bourse régionale des valeurs mobilières d’Abidjan, qui a reculé de 25%, analyse Oumar Deme, directeur marketing et communication de CGF Bourse.

 

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L'invité d'Afrique Finance

L'Entreprise du mois

L'invité d'AF est le banquier béninois Lionel Zinsou
Lionel Zinsou est Président de PAI Partners, société de capital - investissement, depuis
AFROSHIPPINGNET, une plateforme technologique dédiée au Transport de marchandises vers l'Afrique
L'Entreprise du mois que vous présente Afrique Finance est une nouvelle compagnie éponyme qui
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